
Le curseur clignote sur une ligne de script qui refuse obstinément de s'exécuter, et je relis pour la troisième fois le même message d'erreur sans trouver ce qui cloche. Ce genre de soirée, j'en ai connu beaucoup depuis que j'ai commencé à automatiser mes tableaux Excel avec Python plutôt que de tout trier à la main, en autodidacte complète, pour ne plus sacrifier mes vendredis soir.
Avant d'aller plus loin : ce carnet contient quelques liens affiliés, et si vous passez par l'un d'eux, je touche une petite commission sans que votre prix ne change d'un centime. Je ne cite ici que ce qui m'a vraiment aidée pendant mes sessions du soir, pas une liste de partenaires qu'on m'aurait demandé de placer.
Pourquoi automatiser mes tableaux Excel alors que je débute à peine en Python ?
Dans l'audit, mon quotidien tournait autour d'un enchaînement de copier-coller entre des dizaines de classeurs différents. Une ligne décalée, une cellule oubliée, et tout un rapport de fin de mois partait en vrille. Excel gère très bien un tableau isolé — il peut techniquement tenir plus d'un million de lignes par feuille — mais dès qu'il faut croiser dix fichiers à la fois, ça devient une corvée sans fin.
C'est là que Python est entré dans mon vocabulaire, pas pour faire de moi une développeuse, seulement pour que la machine fasse la partie ingrate à ma place. J'ai commencé avec la Formation au langage Python, qui reste mon vrai point de départ quand quelqu'un me demande par où j'ai commencé. C'est aussi à ce moment que j'ai découvert qu'on pouvait importer des bibliothèques toutes prêtes, comme openpyxl, plutôt que de réécrire chaque instruction depuis zéro.

Le projet trop ambitieux qui a tout fait planter
Ma première erreur n'a pas été technique, elle a été stratégique. Je voulais qu'un seul script avale une bonne partie de mon travail d'un coup : fusionner des dizaines de fichiers, extraire les totaux, recalculer des colonnes entières, le tout en une seule soirée. Le résultat a été un fichier de script si confus que je ne savais même plus quelle variable correspondait à quoi.
J'ai fini par tout reprendre à zéro sur un seul fichier, une seule opération, ce qui a changé la suite de mon apprentissage bien plus que le gros projet raté. Je ne savais même pas encore bien distinguer une variable d'une boucle à ce stade, alors choisir la bonne taille de projet relevait surtout du tâtonnement. J'en parle davantage dans un billet sur apprendre la programmation Python après le travail à la maison, écrit justement pendant cette période.
On ne sacrifie pas ses formules Excel pour gagner du temps
Une réalité de mon métier s'est vite imposée à moi : dans l'audit, on ne peut pas juste écraser des données pour ne garder que le résultat final. Si un script remplace mes formules par de simples valeurs, je perds toute ma traçabilité, et ça, personne dans mon service ne le pardonnerait.
Certains scripts trouvés en exemple en ligne cassent les formules pour ne garder que le résultat affiché, ce qui est parfait pour un usage ponctuel mais catastrophique pour un dossier d'audit. Openpyxl, en revanche, sait déplacer des blocs sans toucher aux liens internes des formules, à condition de bien lire sa documentation avant de lancer quoi que ce soit sur un fichier original plutôt que sur une copie. Avant un test, j'ai aussi pris l'habitude de mettre mes lignes les plus fragiles dans un bloc try/except, histoire que le script me dise poliment ce qui cloche plutôt que de planter en silence.
Un soir, en pleine bataille avec un message d'erreur qui refusait de m'aider, j'ai bien failli tout laisser tomber pour aller voir du côté de JavaScript. Je me suis ravisée : je voulais dompter mes tableaux, pas construire des sites web. Le message d'erreur ne me saute plus à la gorge comme à mes débuts ; il m'arrive maintenant d'y lire une direction avant même que la panique ait le temps de monter.

Ce qui m'a vraiment fait gagner du temps, une fois le script terminé
Le déclic est venu un soir où j'ai fini par écrire un script court plutôt qu'un monstre à tout faire. Une fois que j'ai compris qu'on pouvait ranger les lignes d'un tableau dans une liste plutôt que de les traiter une par une à la main, tout est devenu plus simple à organiser dans ma tête. Écrire une petite fonction pour répéter la même opération sur chaque fichier, au lieu de copier-coller le même bout de script quinze fois, a été un vrai soulagement pour quelqu'un qui n'avait jamais programmé avant.
J'ai vérifié trois fois mon indentation avant de lancer le script pour de bon — cette histoire de blocs qui dépendent d'espaces bien alignés m'a pris du temps à digérer, comme je le raconte dans mes astuces pour comprendre l'indentation. Puis j'ai appuyé sur Entrée, et un nouveau fichier Excel propre est apparu dans mon dossier, toutes les données triées, toutes les formules intactes, en quelques secondes à peine. J'ai refermé l'ordinateur bien plus tôt que d'habitude ce soir-là.
Est-ce que ça vaut le coup avec seulement deux ou trois fichiers ?
Une amie qui élève des abeilles sur son balcon me pose systématiquement cette question quand on se retrouve pour marcher autour du lac d'Aydat le dimanche. Ma réponse a changé depuis mes débuts : pour deux ou trois fichiers qu'on ouvre une fois par trimestre, trier à la main dans Excel reste plus rapide que d'écrire et de tester un script. Le calcul s'inverse dès que la tâche revient chaque semaine, ou qu'elle implique plus d'une poignée de fichiers à croiser.
Ça fait maintenant presque deux ans que je grignote ce langage après le travail, et je ne comprends toujours pas la moitié de ce qui se passe dès que je m'aventure dans des fonctions plus complexes. Je continue de garder un œil sur la documentation pour ne pas refaire une bêtise, comme celles que je raconte dans mon billet sur installer Python sur Windows sans faire de bêtises. Mais cette histoire de tableaux triés tout seuls m'a prouvé qu'une débutante peut reprendre la main sur ses outils de travail sans attendre d'être experte. Si vous en avez marre, vous aussi, de perdre vos soirées sur des classeurs sans fin, la Formation au langage Python reste, encore aujourd'hui, le point de départ que je conseillerais à qui veut vraiment s'y mettre.